Un devis de serrurerie doit comporter au minimum l’identité complète de l’entreprise, le détail des prestations, le prix de chaque fourniture avec sa référence, le coût de la main-d’œuvre, les frais de déplacement, les majorations éventuelles et le total TTC. Pour lire un devis de serrurerie correctement, il faut vérifier chaque ligne avant de signer et s’assurer que les montants annoncés sont clairement détaillés.
Un devis qui tient en une ligne, « ouverture de porte : 480 euros », ne remplit aucune de ces conditions.
Lire un devis de serrurerie : les éléments à vérifier avant de signer
Les six mentions d’identité
En haut du document, vérifiez :
- la dénomination sociale complète de l’entreprise
- l’adresse du siège, pas seulement un numéro de téléphone
- le numéro SIRET
- le numéro de TVA intracommunautaire si l’entreprise y est assujettie
- la date d’établissement et la durée de validité
- vos propres nom et adresse d’intervention
L’absence de SIRET ou d’adresse rend tout recours difficile. Notre article sur la vérification de l’immatriculation d’un serrurier explique comment contrôler ces éléments en deux minutes.
Le détail des prestations
Chaque ligne doit décrire une opération identifiable, avec sa durée estimée ou son forfait.
Une bonne formulation : “ouverture de porte claquée sans dommage, technique par décalage de pêne, forfait”. Une mauvaise : “intervention serrurerie”.
La différence n’est pas cosmétique. En cas de litige, seul un devis précis permet de démontrer l’écart entre ce qui était prévu et ce qui a été facturé.
Les fournitures et leurs références
C’est le poste où se logent la plupart des écarts.
Chaque pièce doit apparaître avec sa marque, son modèle et son prix unitaire. Un cylindre à 220 euros peut être justifié s’il s’agit d’un modèle certifié haute sécurité. Le même montant pour un cylindre standard ne l’est pas.
Si un niveau de certification est annoncé, la référence doit permettre de le vérifier. Notre guide sur notre comparatif des serrures A2P par étoiles explique ce que chaque niveau recouvre.
Cette précision sert aussi pour l’assurance : une facture nommant les références posées documente la conformité aux mesures de prévention du contrat.
La main-d’œuvre
Deux formats existent, tous deux acceptables.
Le taux horaire, avec le nombre d’heures estimé. Le forfait, pour une prestation standardisée.
Ce qui n’est pas acceptable : une main-d’œuvre annoncée “selon temps passé” sans taux horaire indiqué. Le montant devient alors indéterminable avant l’intervention.
Le déplacement et les majorations
Ces deux postes doivent apparaître séparément, jamais fondus dans un total.
Le déplacement doit indiquer son montant et préciser s’il est déduit en cas d’acceptation. Les majorations doivent mentionner leur base de calcul : pourcentage ou montant fixe, et la plage horaire concernée.
Nous détaillons ces deux points dans nos articles sur le coût d’un serrurier à Paris et sur les tarifs d’un serrurier d’urgence la nuit.
La TVA
Le devis doit distinguer le montant hors taxes, le taux de TVA appliqué et le total TTC.
Le taux varie selon la nature des travaux et l’ancienneté du logement. Un dépannage d’urgence et une rénovation de porte dans un logement de plus de deux ans ne relèvent pas nécessairement du même taux. Nous traitons ce point dans notre article sur le cadre légal des tarifs de dépannage.
Un devis qui n’annonce qu’un montant, sans préciser s’il est HT ou TTC, prépare un malentendu.
Les mentions qui doivent alerter
Quatre formulations sont des signaux.
“Sous réserve de l’état constaté sur place” sans plafond chiffré. Cette clause ouvre la porte à un montant final illimité.
“Pièces en supplément selon besoin”, sans liste ni tarif unitaire.
Une remise importante conditionnée à une signature immédiate. La pression à la signature est un marqueur que nous décrivons dans notre article sur les signaux d’arnaque chez un serrurier.
Un devis non daté, ou sans durée de validité.
Le droit de rétractation
Pour un contrat conclu à domicile, un délai de rétractation de quatorze jours existe en principe. En dépannage urgent, vous pouvez renoncer expressément à ce délai pour permettre une intervention immédiate.
Cette renonciation doit être explicite et écrite. Elle ne doit pas être pré-cochée ni glissée dans les conditions générales sans explication. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur le droit de rétractation de quatorze jours.
Signer ou refuser
Trois règles simples.
Ne signez jamais un document vierge ou incomplet, même en promettant de le compléter ensemble après.
Conservez un exemplaire signé par les deux parties, photographié immédiatement.
Si le devis dépasse largement la fourchette annoncée au téléphone, vous pouvez refuser. Seul le déplacement, s’il avait été annoncé, reste dû.
La fiche pratique de la DGCCRF sur le devis rappelle le cadre général applicable.
En résumé
Un devis sérieux tient rarement en une ligne. Identité, prestations détaillées, fournitures référencées, main-d’œuvre chiffrée, déplacement, majorations, TVA et total TTC : huit blocs, tous vérifiables en deux minutes.
Le temps passé à lire avant de signer est le seul moment où vous gardez la main.
Nous remettons systématiquement un devis détaillé avant intervention, dans tous les arrondissements de Paris. Contactez-nous pour une estimation.





